DOMAINE DENIS MORTET

DOMAINE DENIS MORTET

GEVREY-CHAMBERTIN
Propriétaire :
Laurence & Arnaud Mortet
Site web
Le Domaine Denis Mortet produit des vins parmi les plus recherchés de Bourgogne. Le regretté Denis Mortet est devenu une figure hautement respecté et connu en Bourgogne pour l’exceptionnelle qualité de ses vins. Son fils Arnaud Mortet a su faire passer le cap et rebondir vers une nouvelle modernité en élaborant des vins d’une grande élégance sans renier la densité que leur avait donnée son père.
DOMAINE DENIS MORTET

Arnaud Mortet, le jeune vinificateur du domaine Denis Mortet, s’inscrit dans une lignée qui débute avec Charles Mortet qui créé son domaine avec un seul hectare de vignes en 1956. Comme beaucoup de ses voisins, il vend toute sa production au négoce. En 1978, son fils Denis le rejoint à 22 ans avec son épouse Laurence, 20 ans. Très vite, ils débutent la commercialisation des vins en bouteille et Laurence qui est fille d’agriculteurs, prend goût au travail de la vigne. En véritables jardiniers, c’est par la qualité de leur travail de la vigne que Denis et Laurence vont percer à un moment où le vignoble était négligé. En 1993, ils prennent officiellement la succession avec 4,5 hectares de vignes et le domaine prend le nom de Denis Mortet.La première reconnaissance arrive lorsque Denis Mortet devient meilleur vigneron de France en 1995 pour La Revue du Vin de France. Le patrimoine de vignes s’accroit et le domaine vole de succès en succès avec un style aisément reconnaissable fait d’un vin coloré et de belle densité avec des tannins mûrs et un boisé bien intégré. Si Denis aimait les vins fins, tout son travail dans la vigne mais aussi en cave accentuait la densité du vin à un moment où beaucoup de vins avaient perdu leur âme par la dilution et la verdeur. La dilution est souvent le signe de très forts rendements et la verdeur celle de raisins récoltés trop tôt limitant ainsi les risques liés à une récolte à maturité. La recherche de la maturité optimale, la gestion du vignoble, des rendements plus faibles ont sculpté un vin riche, opulent avec de belles matières qui figurent régulièrement en tête des classements. Très orgueilleux, Denis redoublait de travail si par hasard il n’arrivait qu’en deuxième position. A partir de l’année 2000, son fils Arnaud le rejoint et commence un long apprentissage au côté de son père. Le 30 janvier 2006, Denis Mortet disparaît à l’âge de 51 ans et Arnaud Mortet reprend courageusement les rênes du domaine avec l’aide de sa mère Laurence et il impose peu à peu sa propre sensibilité.

La viticulture n’est pas bio à 100% : « nous n’utilisons plus d’herbicides et d’insecticides. En revanche, nous avons toujours des problèmes de mildiou et d’oïdium. Je ne veux pas risquer de perdre une partie de ma récolte. Je veux me garder la possibilité d’utiliser une arme appropriée en cas de problème. C’est pour cette raison que nous n’avons pas démarré la certification bio ». Néanmoins, le respect du terroir est fondamental pour le domaine, d’où une viticulture de grande qualité. Point crucial, les rendements sont entre 40 et 45 hl/ha en moyenne générale, vers 45 hl/ha pour les jeunes vignes, entre 30 et 35 pour les vieilles vignes. Ce travail de fond a trouvé toute sa justification dans les derniers millésimes que le domaine a su négocier avec talent. Il n’est pas toujours facile de succéder à un père à la fois médiatique et unanimement reconnu pour la grande qualité de ses vins.

Jusqu’en 2005, selon les usages de l’époque, le bois neuf régnait en maître : « on pensait qu’il n’était pas possible d’élaborer de grands vins sans un maximum de bois neuf. J’ai au fur et à mesure baissé la proportion de bois neuf. Je ne veux pas masquer l’énorme travail que nous effectuons à la vigne ». L’élevage change aussi de style avec des temps d’élevage moins longs, 18 mois en moyenne, sauf le Bourgogne, le Marsannay et Fixin où il ne dépasse pas un an avec trois mois de cuve. La proportion de fûts neufs est de 15% pour le Bourgogne, 20% pour le Marsannay et le Fixin. Les proportions de futs neufs pour les autres cuvées varient de 30% à 100%. Il en résulte un vin plus élégant et moins boisé qu’autrefois. Autre changement notable, l’égrappage. Depuis les années 90, tous les raisins étaient systématiquement égrappés, d’où une rondeur et un charme immédiat qui séduisaient beaucoup. Arnaud procède à des essais de vendanges entières : « dans les millésimes chauds en particulier, lorsque la rafle est mûre, j’éraflerai moins, même si notre éraflage était déjà léger. » Arnaud Mortet a clairement enclenché le virage vers plus de fraîcheur et de délicatesse.